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Autophagies

RepasThéâtre

Transmission, politique et alimentation
crédit photo : Genis Apolinario

11.09.25 + 12.09.25 · 19h30

Langues : FR

14+

Du chocolat est donné aux spectateur•ices pendant le spectacle
+ le mafé végétarien offert à la fin du spectacle contient de l’arachide.

Durée : 1h35

Lieu : Tour à Plomb

Dans une performance culinaire qui mêle poésie, musique, danse, gastronomie, rituel et documentaire, Eva Doumbia interroge l'histoire coloniale à travers la cuisine. Au plateau, chef cuisinier, musicien, actrices et danseur décolonisent nos imaginaires culinaires. Installé tout autour de la scène, le public est invité à partager un mafé végétarien préparé sous ses yeux.

« Tout a commencé dans les années 1980, avec l’ouverture du premier restaurant africain du Havre, par mon père. Il y proposait du mafé. Un met que nous mangions rarement dans la maison qui était tenue par ma mère, une institutrice normande. Chez nous, les repas africains n’étaient servis qu’à l’occasion de visites d’amis ivoiriens ou maliens. Je me souviens encore de plats posés au centre où tout le monde plongeait ses mains. Sauf nous, enfants français qui mangions avec des cuillères. J’ai longtemps pensé que ce plat à base de poulet et de pâte d’arachide était un plat traditionnel d’Afrique de l’Ouest. Or, ce plat national malien n’est consommé que depuis le XVIIIème siècle, probablement arrivé avec les habitudes culinaires des colons européens.

Alors, je me suis demandé d’où provenait la plupart des aliments que nous consommions aujourd’hui en Afrique : banane, riz, chocolat, ananas, mangue… J’ai réalisé qu’aucun d’entre eux ne poussait sous le Sahara. Ce ne sont pas des cultures endogènes. Au creux des goûts, du plaisir de la bouche, se nichent des histoires de voyages, de conquêtes, de dépossessions, de déportations et de mises en esclavage. Nos plats et nos assiettes sont envahis par l’histoire. Consommer ces aliments, en résumé se nourrir, c’est se manger soi.

Syncrétique, Autophagies va plus loin que mes précédents projets, car il lie la mémoire de la colonisation avec les mécanismes actuels d’exploitation, tout en tentant l’invention d’un rituel de soin, ludique et contemporain. Ce spectacle rappelle que se nourrir aujourd’hui c’est, d’un point de vue symbolique, manger d’autres êtres. C’est beaucoup plus complexe et profond que notre simple besoin quotidien. Manger modifie le paysage et transforme le monde. » Eva Doumbia

Distribution
Texte : Eva Doumbia, Armand Gauz Mise en scène : Eva Doumbia Avec : Alexandre Bella Ola, Bamoussa Diomande, Eva Doumbia, Olga Mouak, Angelica-Kiyomi Tisseyre Avec la participation de Fargass Assandé Collaboration à la mise en scène et dramaturgie : Karima El Kharraze Musique et chants : Lione Elian Chorégraphie : Massidi Adiatou Costumes et univers visuel : Sylvain Wavrant Création lumière : Stéphane Babi Aubert Régie générale : Loïc Jouanjan Vidéo : Sandrine Reisdorffer Images : Charles Ouitin, Lionel Elian Son : Cédric Moglia Collaboration artistique Fabien Aïssa Busetta
Production :
La Part du Pauvre/Nana Triban Coproduction Théâtre du Nord, CDN Lille-Tourcoing-Hauts de France, Théâtre du Point du jour (Lyon)
Avec le soutien de :
Drac Normandie, Ville d’Elbeuf, les Grandes Tables (Friche la Belle de Mai – Marseille) - Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, Consulat de France à la Nouvelle Orléans, LSU (département Francophonie à Bâton Rouge, États-Unis), Ambassade de France aux États- Unis, Commission Internationale du Théâtre Francophone, FACE fondation, Théâtre de la Joliette (Marseille)
Avec l’aide de :
Anis Gras-Le Lieu de l’autre (Arcueil), Fundamental Monodrama Festival (Luxembourg), Kumaso (Bamako), N’Soleh (Abidjan), Centre Social de la Savine (Marseille), Ateliers Médicis (Clichy-Montfermeil), Beauport-Guadeloupe, la Chapelle du Verbe incarné (Avignon), Festival Papap (Port au Prince) et l'Entrepôt (Paris)
La Part du Pauvre / Nana Triban
Fondée en 2000 à Marseille par la metteuse en scène Eva Doumbia, à l’époque accompagnée par le Théâtre des Bernardines, la Compagnie La Part du Pauvre/Nana Triban œuvre à la construction d’un théâtre qui prenne en compte la diversité des récits de France et du Monde. Depuis fin 2018 elle est installée en Normandie et ne cesse de tisser des collaborations avec le Continent Africain, les Caraïbes et les Amériques. Elle porte en 2016, 2018 et 2021 les Festival Afropea accompagné notamment par La Friche Belle de Mai à Marseille, MP2018 et la Saison Africa 2020. Depuis septembre 2019 La Part du Pauvre est en résidence pour trois ans au Théâtre des Bains Douches à Elbeuf.
Eva Doumbia
Née à Gonfreville l’Orcher, dans la banlieue du Havre, elle grandit dans un milieu qui brasse ouvriers syndiqués, travailleurs immigrés, étudiants africains, enseignant.e.s normand.e.s… Après des études en Lettres modernes et théâtrales à l’Université de Provence (Aix/Marseille), elle se forme à l’Unité Nomade de Formation à la mise en scène. Elle est une des co-fondatrices du collectif « Décoloniser les Arts » qui oeuvre depuis 2016 à une meilleure représentation des minorités dans la culture. Elle est marraine des élèves auteurs.ices de l’école du Nord à Lille, adossée au Théâtre du Nord où elle est associée. Au début des années 2000 elle crée des performances à partir de ses propres textes, « Les Anges Rouges de la Ville », « Hommes, Femmes, Escargots » dans des espaces non théâtraux. Elle écrit plusieurs textes pour le théâtre marseillais pour enfant Badaboum Théâtre, dont elle assure parfois la mise en scène. Elle traverse les écritures d’autres auteurs comme Edward Bond, Alfred de Musset, Fabrice Melquiot, Kouam Tawa, Peter Turrini, Lars Noren, Bertolt Brecht. Elle est l’un des toutes premières à collaborer avec Dieudonné Niangouna, Aristide Tarnagada ou camerounaise Léonora Miano. Elle adapte les romans de Chester Himes, Maryse Condé, Yanick Lahens, Fabienne Kanor, Jamaica Kincaid…En 2015, accompagnée par Raharimanan, elle écrit « Anges Fêlées », à partir des textes de ses performances. Ce premier roman est publié chez Vents d’Ailleurs en 2016. En 2017 elle est boursière du programme « Hors les Murs » de l’Institut Français pour l’écriture de son texte « Camp Philip Morris » qui se déroule entre la Normandie et la Lousiane.« Le iench » (chien en verlan), écrit en partie en résidence aux Ateliers Médicis, sélectionné par le comité de lecture du Théâtre du Rond-Point en 2017, publié par Acte Sud est finaliste du Grand Prix de Littérature Dramatique, du Prix franco-allemand Primeur, lauréat du prix Bernard Marie Koltès des Lycéens, enregistré lors du Festival d’Avignon en 2021 par France Culture dans le cadre de « Voix d’Auteurs ». Sous le titre « Drissa », il est traduit en allemand et édité dans le recueil « Mé-connus » sortira en 2024 chez Acte Sud également. « Autophagies », spectacle créé au Festival In d’Avignon est actuellement en cours d’écriture pour devenir un roman qui devrait être publié en 2024 aux Éditions Project’Îles. Il a fait également l’objet d’une adaptation et traduction en anglais.Depuis 2019 à Elbeuf et en collaboration avec différentes groupes (scolaires et seniors), elle écrit les 6 épisodes annuels de la série « Devoirs Surveillés » jouée au Théâtre des Bains Douches. La saison 3 a été également proposé avec le Festival d’Avignon dans le cadre de l’action culturelle et la saison 5 sera présentée à Montreuil avec le CDN entre octobre 2023 et avril 2024. Elle participe aux ouvrages collectifs suivants : « Décolonisons les Arts », en 2017 chez l’Arche Editeur, sous la direction de Françoise Vergès, Gerty Dambury et Leila Cuickermann. « Ce qui nous arrive 1 » aux Éditions Espace 34 en 2020. « Parages 10 » (revue du TNS) aux Solitaires Intempestifs. « Pigments and the clarinet choir, Léon-Gontran Damas Jazz Poetry » (Live-CD) en 2021 Pédagogue, elle dirige des ateliers dans les écoles nationales supérieures (ERAC, Ecole de la Comédie de Saint Etienne, Ecole de Chaillot), dans le cadre de la formation continue (AFDAS avec la Réplique), mais aussi avec des publics amateurs, dans la cadre de projets spécifiques, comme des ateliers au pieds des immeubles. Elle anime régulièrement des sessions de formation en partenariat avec les Centres Culturel Français (Ouagadougou, Niamey, Bamako, Brazzaville, Libreville, Yaoundé) mais aussi au Brésil, en Haïti.
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